Bon à savoir

LES LEGENDES à BERRE les ALPES

DELEUSE, Paul.- Histoire de mon village.- , Nice, Editions PIEROTTI, 1966.

Le coq d’or page 34
« Il est fort probable que le premier seigneur de Berre ai eu, dans son blason, un coq et qu’il en fit faire une pièce d’orfèvrerie qui composa son trésor.
Ce coq aurait été enterré dans l’ancien cimetière de l’Eglise, par le dernier Baron de Berre. »

Le rocher de Samson page 22
« C’est sur le sentier des Routes que l’on voit le rocher dit de « Samson ». La légende veut que Samson, traversant notre région, très fatigué, s’assit et s’appuya sur un énorme rocher, ses épaules s’incrustèrent dans la roche. »

Notre Dame de Berre page 23
« A une centaine de mètres de la baisse de Coaraze, sur un rocher, on peut y voir , dans une niche, la forme d’une vierge et l’enfant. Elle fut découverte par l’Abbé Rousselot, curé de Berre en 1934 et devint Notre Dame de Berre. »

La roche d’argent page 21
« La légende dit que la reine Jeanne fut attaquée par des malandrins au col de Braus. Ceux-ci s’emparèrent d’un coffre rempli d’or et d’argent et vinrent l’enfouir à Berre sous cette norme roche qui, depuis, porte le nom de « Roche d’Argent » . »

L'EAU à BERRE LES ALPES

Le manuscrit 169 de la Bibliothèque du Comité et Section technique du Génie étudie ainsi Berra, en 1748 :
« Le village contient 60 maisons et 250 habitants. Il n’y a point d’eau et on est obligé d’aller en chercher pour boire un quart de lieue. Il est vrai que dans le village, il y a 4 citernes, mais elles ne peuvent fournir aux habitants que pendant 4 à 5 jours. »

Le village n’eut longtemps que deux sources distantes de lui de cinq cents mètres, lou Saï et lou Brusc.
Sans lavoir, les ménagères devaient laver leur linge au Saï.

C’est en 1861 (séance du conseil municipal du 17 février) que la municipalité prit la décision d’amener l’eau de source du Brusc au bas du village dans une citerne. On peut encore voir aujourd’hui des vestiges de la conduite notamment à la croix de Conille.

En 1900, la municipalité fit venir l’eau sur la place du village. Deux sources ont été captées à sept kilomètres du bourg sur le territoire de Lucéram à Brunenc et à la Raïse. Des terrains ont été achetés tout autour et clos de manière à empêcher les troupeaux de souiller le col.

En 1930 l’eau de la Sagna a été ajoutée aux deux autres. De ce fait, le village est desservi en eau potable par neuf fontaines publiques dont deux coulent à jet continu et alimentent un grand lavoir communal.
L’eau du lavoir communal permettant d’irriguer des jardins.

Berre avait 552 habitants au recensement de 1822, 381 à celui de 1931 et 346 à celui de 1963.

En 1954 la municipalité LABBE adhéra au syndicat Inter-communal des Cantons de Levens et de Contes. L’eau de la Vésubie alimenta Berre. Une station d’épuration fuit construite.

 

Bibliographie : CAPPATTI Louis et ELLIOT Béatrice.-Berre Les Alpes Premier relais de la Méditerranée à l’Alpe.- Nice, Association Typographique, 1940 pages 11 et 26.

LE CHATEAU DE BERRE LES ALPES

DURANDY Dominique écrit dans Mon pays, Editions Librairie Nationale d’Art et d’Histoire G. VAN OEST et Cie, 1920 p 180 :
« Les barons qui possédaient ce fief culminant y avaient installé, dès le XIIe ou le XIIIe siècle, un gros cstel bien garni de murailles de guerre.
Les uns parlent  de Raymond GRAGLERI, officier de Charles d’Anjou. D’autres donnent comme premiers seigneurs de Berre deux gentilshommes niçois, Bertrand et Isoard dont les noms figurent sur des chartes de 1144 et de 1149.
Il est encore question, dans des récits légendaires d’une Dame Violante (1) de Berre célèbre par ses vertus et sa beauté que chanta avec grâce un troubadour de poétique réputation, Guillaume Boyer (2), de NICE.
A la révolution le manoir était toujours debout. La marquise de CABRIS, sœur de Mirabeau, y reçut asile. »

CAPPATTI Louis et ELLIOTT Béatrice dans Berre les Alpes Premier relais de la Méditerranée à l’Alpe, Nice, Association Typographique 1940 p13 relèvent :
« Le cartulaire de la Cathédrale de Nice à propos des dons faits par l’évêque Isnard aux chanoines le 2 juillet 1108, révèle onze châteaux et dans notre région ceux de Coaraze, Contes, Berre et Lucéram. »

Quant à GARINO Pierre Robert dans Les Vallées du Paillon Itinéraires historiques, Nice, Editions Serre, 1997, p 22 il écrit :
« Mentionné en 1108 « Castellum Barra », (3) Il fut restauré et agrandi en 1350 et devint le rendez-vous de la noblesse des environs. La baronne Yolande Galléan (1) épouse de Gaspard de Berre, y donna des fêtes splendides. Guillaumes Bojéro (2) de Nice célèbre troubadour de l’époque y chanta la beauté et les bienfaits de cette dame. »

En 1920, DURANDY Dominique p 184 écrit :
« un restant de portail voûté conduit à ce qui fut la cour du logis seigneurial. Des habitations banales, des granges, des étables se sont installées sur les ruines du castel. Tout au plus subsiste-t-il des appartements où résida la marquise de Cabris quelques lambeaux de vieilles salles d’apparat, dont les fenêtres s’ouvrent sur une terrasse portée par des murs épais et garnies de guérites délabrées. »

(1)Gaspard de Berre épousa Dame Violante Galléan , A lire : Histoire d’amour de la Dame de Berre  Michèle MORETTI
(2)Guillaume Boyer, philosophe, poète, troubadour né à Nice vers la fin du XIIIE siècle, décédé à Nice vers 1360, il fut l’un des plus brillants poètes provençaux connus
(3)Cartulaire de la Cathédrale de Nice année 1108 p 49

Pourquoi les Berrois sont-ils surnommés les "estubas" ?

RICOLFI Humbert écrit dans le Mémorial de Contes, Imprimerie de « l’Eclaireur de Nice » 1942 p 217 :
« Le diable est signalé dans les bois de Berre. Le conseil communal ordonne de le rechercher, de faire une battue dans la Gréo.
Poussé dans une barre rocheuse du Plan Merlet, il disparut dans une « baouma ». On décida de l’enfumer. Le Diable astucieux trouva une sortie et les Berrois n’ayant  pu appliquer leur stratagème devienrent les « estubas ».

Selon CAPPATTI Louis et ELLIOTT Béatrice dans Berre les Alpes Premier relais de la Méditerranée à l’Alpes, Nice, Association Typographique 1940 p40 :
« Le surnom des Berrois « Berrenc » est « lu estubas ». On faisait, en effet, autrefois, sécher à Berre les châtaignes dans les maisons sur des claies que l’on disposait au milieu de la cuisine. La maison en était enfumée. C’était « laï baîanas » qu’on faisait bouillir dans de l’eau pendant l’hiver. »

Enfin pour GARINO Pierre Robert dans Les vallées du Paillon, itinéraires historiques, Nice; Editions Serre, 1997 p 22 :
« Lu Berrenc, sobriquets : Lu Parfumas ou Estubas
Les habitants de Berre avaient l’habitude de brûler beaucoup de pins qui dégageaient beaucoup de fumée. Les fours à chaux(1) fumant continuellement, Berre était le pays de la fumée d’où leur surnoms. »

(1) On comptait 20 fours à la Blaquiera. L’Abbé Antoine Cauvin dans ses Mémoires 1885 p 87 écrit :
« Autrefois on guérissait les oliviers attaqués par la « muffa » avec la chaux vive… En 1808, ceux de Berre la portaient à contes pour 35 sous la charge. Une charge suffisait pour 3 oliviers. »

Et quelles explications en donnent les Berrois aujourd’hui ?

« En automne, dans les bois de Séna, des meules à charbon de bois fumaient. Les bûches étaient empilées sous forme de pyramide et recouvertes de terre et d’herbe sèche. On les enflammait en réglant l’arrivée de l’air de façon que la combustion soit incomplète. Le charbon de bois était vendu à Nice, à Antibes, ainsi que des sacs de pommes de pins. »
« Toujours en automne il fallait se débarrasser des feuilles des châtaigner et des bogues soit en les enterrant ou en les brûlant. De ce fait Berre était enveloppé par un épais manteau de fumée. »

Sachez aussi, entre autre, que :